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Diplômé avec mention du département des Beaux-Arts de
l’Université d’Ulster (1988), il a exposé avec beaucoup de
succès à la Royal HibernianAcademy (en 1991, 1993, 1995,
2003-2009), et il a reçu la médaille Don NiccoloArdia
Caracciolo RHA en 2003. Il a également exposé à la Royal
Ulster Academy (1993-1995, 1998, 2001, 2003, 2006-2009), qui
lui a décerné le prestigieux prix Connor en 2006 et la
Médaille d’Argent en 2006. Il n’est pas inconnu non plus à
la Royal Academy de Londres, où il a exposé avec un succès
comparable.
On trouve les ravissants tableaux impressionnistes et
post-impressionnistes de Watson dans d’importantes
collections privées et publiques à travers le monde, dont la
Collection Royale, Londres, la collection du Arts Council
d’Irlande du Nord, celle de la Royal Geographic Society,
Londres, et dans les collections personnelles de SAR le
Prince de Galles et de la Duchesse de Cornouailles. Assez
récemment, en février 2009, il a exposé à la Dickinson
Gallery, Londres, une série de toiles qu’il a peintes en sa
qualité d’artiste officiel accompagnant SAR le Prince de
Galles durant les visites effectuées par ce dernier au
Japon, en Indonésie et au sultanat de Brunei à l’automne
2008. Ce superbe travail, qui n’est pas sans rappeler les
meilleures peintures d’Edouard Vuillard (1868-1940) et de
Walter Richard Sickert (1860-1942) a rété complimenté par le
Prince de Galles, lui-même aquarelliste assez talentueux, et
qui a écrit une préface pour le catalogue, mais aussi par
les critiques d’art et les visiteurs. Beaucoup de ces
superbes tableaux possédent la douce qualité tonale des
dernières œuvres de Corot. Et, malgré la pire crise
économique que subit la Grande-Bretagne depuis la fin des
années 1920, et qui battait son plein à ce moment-là, tous
les tabeaux ont été vendus !
Watson est clairement l’héritier artistique de Sir John
Lavery (1856-1941), l’un des plus grands peintres
impressionnistes irlandais, qui fut lui même influencé par
le plus grand prophète de la peinture en plein air : Jules
Bastien-Lepage (1848-1884). Bien des techniques conçues par
Lavery trouvent un écho dans les toiles de Watson où une
douce tonalité de palette est souvent utilisée pour produire
un effet à la fois émotionnel et artistique. Il est clair
qu’il cherche à faire éprouver non seulement un sens
physique du lieu – ce que l’on pourrait appeler les simples
accidents de perspective et de formes –, mais aussi le plus
intangible des phénomènes : l’aura spirituelle d’un endroit
particulier, à un moment particulier de la journée, dans une
lumière particulière et dans une saison particulière.
Watson distille l’essence de ses sujets et représente leurs
energies. Le critique d’art Dickon Hall, parlant de
l’exposition de Watsonà la Dickinson Gallery, St James,
Londres, en 2009, écrivit que ses peintures “vont au-delà de
peindre la substance du monde physique, pour peindre l’ombre
de la substance”. Quelle que puisse être l’acuité de cette
observation, il est peut-être plus exact de dire qu’il peint
la substance de l’essence émotionnelle; ce qui est ressenti
autant que ce qui est vu, rendant par là universel une
révélation hautement personnelle et privée. Nous, en tant
que voyeurs, regardons une scène donnée et plongeons
simultanément dans l’âme de l’artiste.
La lumière et la couleur obsèdent Watson. Sa palette peut
être si colorée et si fraîche, et sa notation si précise,
que son interrogation et son investigation minutieuses des
apparences superficielles de la réalité en illumination
éclatante est simultanément la plus pure forme
d’impressionnisme, tout en possédant les qualités
esthétiques parallèles du post-impressionnisme et de
l’abstraction.
Dans LE JARDIN et LE LAC, par exemple, il n’y a pas trace
de son impressionnisme “Glasgow boy”. Il tire plutôt son
inspiration de deux des plus grands artistes français de
tous les temps, Gauguin et Matisse – pas seulement dans son
utilisation de couleurs pures pour des œuvres empreintes de
symbolisme, mais dans son travail du pinceau et sa palette.
Gauguin répondit à un autre peintre qui lui demandait
comment il peindrait un jardin : “Comment est-ce que cet
arbre vous apparaît ? Très vert ? Eh bien utilisez du vert,
le plus beau vert de votre palette. Et cette ombre est
plutôt bleue ? N’ayez pas peur de la peindre aussi bleue que
possible ! S’il est permis d’utiliser du vermillon pour
peindre un arbre qui apparaît rougeâtre… pourquoi ne pas
exagérer jusqu’à un point de déformation la courbe d’une
belle épaule, la blancheur perlée d’un teint, raidir la
symétrie de branches que n’agite aucun souffle d’air ?”
Watson, pour ces deux toiles, applique ce principe, et le
résultat nous donne les deux tableaux les plus poétiques de
toute l’exposition.
Le travail de Colin est souvent caractérisé par des fonds
peints en couches épaisses, des applications de blocs de
couleurs solides à mi distance et des effets pâles, voire
translucides au premier plan. Dans ses paysages
architecturaux, comme KOUBBA, RABAT et MARABOUT, il évite
d’accumuler les détails, par exemple en ce qui concerne le
panneau de mosaïque sur un minaret ou la sculpture sur
plâtre entourant une porte, et avec une économie de pinceau,
il suggère plus qu’il ne représente ce qu’il a effectivement
observé. Son premier souci est de saisir l’essence
spirituelle de l’endroit plutôt que sa réalité
photographique. Il n’a aucune envie de reproduire
servilement la minutie vulgaire des fissures, des arabesques
des corniches, des encadrements de fenêtres peints, des
piliers minutieusement sculptés, en somme, tout ce qui fait
le bonheur des orientalistes réalistes. Watson est un
synergiste-impressionniste, il permet à ses capacités
artistiques de peintre et à sa vision spirituelle intérieure
de régénérer et d’idéaliser ce qu’il peint.
L’un de ses nombreux talents en tant que peintre, c’est
d’offrir des œuvres où les observations stéréotypées des
artistes voyageurs sont totalement absentes. Quand nous
regardons REPRÉSENTATION DE KABUKI, nous voyons une œuvre
totalement convaincante qui contient des éléments à la fois
particuliers et universels. Oui, il s’agit d’un moment de
théâtre japonais au rituel particulièrement précis, et
pourtant, en même temps, en dépit des costumes distinctifs
et des mouvements de mains, ce tableau pourrait représenter
une scène de la pièce d’Euripide LES TROYENNES. Watson a su
capturer le moment dramatique en même temps que statique, et
rend par là universelle une forme de théâtre qui ne pourrait
pas être plus particulier, tout en laissant le particulier
intact. Ainsi, nous réalisons que même si les principaux
acteurs, dans le tableau, portaient des tuniques grecques,
leurs mouvements de mains et le langage de leurs corps
resteraient typiquement japonais. En vérité, ils ressemblent
dans l’abstrait à des glyphes japonais réalisés à l’encre.
Ce que nous voyons dans cette exposition, c’est une
remarquable pluralité d’influences. Des techniques
impressionnistes et post-impressionnistes sont utilisées
pour explorer la psyché du sujet. Watson n’est jamais
l’esclave d’une école particulière ou d’une façon de
peindre. Il est si doué, qu’en peignant à l’huile, il est
capable de produire LE CERF, TODAIJI, une étude animale
aussi subtile et lumineuse que les plus belles œuvres de
Joseph Crawhall (1861-1913). Il peut accomplir une étude du
PALAIS IMPÉRIAL, TOKYO aussi économique en travail du
pinceau et atténuée en palette que les premiers chefs
d’œuvre birmans de Sir Gerard Kelly, PRA., et dans LA
MOSQUÉE, TADDERT, il peut produire une peinture digne de
Cézanne, un merveilleux paysage marocain d’une beauté
éthérée.
Il y a une honnêteté directe dans le travail de Watson. En
une décennie, alors que l’orientalisme pompier a tout balayé
devant lui, il balaye à son tour son affligeante
malhonnêteté ! Ses toiles sont superbes, pas forcément à
cause du sujet choisi, qui peut être banal, mais à cause de
sa façon intellectuelle de le traiter et de la dimension
spirituelle de son travail. Dans VISITE À JAZULI que
voyons-nous ? L’arrière de la tête d’une marocaine vêtue
d’un caftan de soie jaune. Ce n’est pas un portrait. Ce
n’est pas une étude architecturale. Ce n’est pas arrangé. Ce
n’est pas malhonnête. C’est ce que c’est. Simple et
magnifiquement exécuté.
Colin a exposé dans de nombreuses galeries importantes à New
York et à Londres, et il a reçu de nombreuses récompenses
des Royal Hibernian et Royal Ulster Academies of Art. On
trouve ses œuvres dans les plus importantes collections des
connaisseurs du monde entier, et il est reconnu comme l’un
des artistes irlandais les plus importants. Nous avons suivi
sa carrière avec intérêt depuis 1988 quand, jeune diplômé
avec mention de l’Université d’Ulster, il a fait sa première
exposition à l’OtterGallery de Belfast. Au cours des
vingt-deux ans qui se sont écoulés depuis, il est devenu un
grand peintre tout en restant fidèle à lui-même. Le succès
qui a justement été le sien ne l’a pas gâté, il reste
modeste et honnête. À Noël 2009, nous lui avons rendu le
plus grand hommage possible en lui présentant la clé de
l’atelier de Sir John Lavery à Tanger. Un cadeau digne de
son génie !
ANDREW CLANDERMOND & Dr. TERENCE MacCARTHY |