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Bien
d’autres amis naturalistes, Marocains ou non, participent à
cette « croisade » pour un maintien d’une biodiversité que
l’on voudrait en équation avec un développement soutenable.
Parmi eux, je citerai les plus proches que sont : Michel
Aymerich, AbdelmalekBenabid, Fabrice Cuzin et Jean Delacre.
Les
handicaps sont rudes, la route est longue, l’utopie préside
en raison du rapport de forces, comme partout fatal au
respect de la Nature.
Comme
partout, on pense en démiurge que la Nature aurait besoin de
l’homme, alors que c’est l’homme qui a besoin de la Nature
pour survivre. Comme partout, on se montre anthropocentriste
et environnementaliste, alors qu’il convient de vivre en
biocentriste pour continuer à jouir du label « vie ».
Comme
partout, l’écologie devenue écologisme a pris une place
prééminente en politique, jusqu’à n’être plus, trop souvent,
que strictement vouée à la communication. Mais voici des
preuves que l’on retrouve, en pratique et sur le terrain,
des mesures concrètes qui viennent à prouver que certaines
promesses sont tenues et n’étaient donc pas que des effets
proclamatoires :
- Des
panneaux comme celui en photo annoncent partout dans les
paysages naturels et les espaces protégés que le Maroc
protège la flore, la faune et notamment les invertébrés.
Cette démarche s’inscrit dans une mise sous cloche que
j’avais suggérée des papillons et de leurs habitats (une
plante = un papillon), lorsqu’une biocénose de haute
valeur est évaluée fragile et fragilisée. Outre les parcs
nationaux et les réserves de la biosphère, il existe plus de
150 aires protégées. Le Maroc s’inscrit ainsi comme l’un des
pionniers dans la conservation des papillons, et tout
particulièrement des espèces endémiques et patrimoniales,
son administration ayant su en admettre le bien-fondé de
bio-indicateurs éminents.
- Un
éco-musée vient d’ouvrir ses portes dans la charmante ville
forestière d’Azrou, au cœur de la cédraie du Moyen Atlas. Sa
vocation didactique est remarquable et la présentation de la
problématique conservatoire est objective, n’occultant
nullement les dangers économiques en vigueur, tel
l’effroyable surpâturage qui ronge les écosystèmes marocains
- Une
Maison de la Cédraie ouvrira prochainement ses portes dans
la même région. Elle concrétise en partie mon vieux projet
de la Maison de l’Ecologie et des Ecosystèmes du Maroc.
- Une toute
récente tournée complète des écosystèmes de la montagne
marocaine (Rif, Moyen Atlas, Haut Atlas, Anti-Atlas) m’a
aussi enseigné une consolidation de la plupart des figures
de conservation et des mises en défends, réservoirs d’une
biodiversité insigne.
Il reste
bien entendu des efforts à faire, comme pour le Val d’Ifrane
(Source Vittel), l’un des plus beaux sites d’intérêt
biologique de l’Atlas, malencontreusement victime de sa
notoriété. Les mesures pour sa sauvegarde, impulsées par sa
majesté Mohammed VI, ont induit de gros travaux de
préservation, mais il reste à évaluer si l’aspect festif
dont on veut encore doter cet écosystème est compatible avec
sa pérennisation. Evidemment que non pour ce qui est de mon
humble avis.
Sachez
enfin que depuis cette année a été lancé une vaste campagne
nationale d'éradication des sacs en plastique, avec pour
objectif leur élimination progressive et la promotion
d’alternatives. Pour commencer, le fameux sac de plastique
noir, toxique et difficilement dégradable, est interdit par
arrêté ministériel depuis septembre 2009. Je puis témoigner
qu’aucun de ces affligeants sacs qui ponctuaient le pays
n’est plus distribué et qu’ils ont disparu de la surface du
paysage marocain. Fabriqué en
une seconde, d’une durée moyenne d’utilisation de 20
minutes, sa décomposition demande 400 ans. Tous n’ont pu
être récupérés et il en demeure des millions, mais enfouis…
Un long
hiver pluvieux est enfin venu couronner ces efforts
d’écologisation en embellissant partout le pays, reverdi et
superbement fleuri, véritable paradis pour les amoureux de
la Nature. J’engage les Marocains à faire du tourisme dans
leur propre pays, et les vacanciers européens à la recherche
d’une destination écotouristique à ne pas hésiter un instant
pour leur prochains séjour. Leur conduite devra être
écologiquement et culturellement respectueuse.
Michel Tarrier
Ecologue, écosophe.
Tous mes
remerciements vont, entre autres, à Messieurs
AbdeladimLhafi, Haut Commissaire aux Eaux et Forêts et à la
Lutte contre la Désertification, Mohamed Ribi, directeur des
Parcs et Réserves, Mohamed Endichi, directeur de la
Protection de la Nature, ZouhairAmhaouch, directeur de la
Cellule du Projet Ifrane.
En savoir
plus sur la politique écologique du Maroc :
http://www.lematin.ma/Actualite/Journal/Article.asp?idr=110&id=131995
Deux
récents livres d’approche naturaliste et militante sur le
thème :
Les
Papillons de jour du Maroc,
par Michel Tarrier et Jean Delacre, préfacé par Serge Orru
(WWF-France), 480 pages, 700 photos, aux éditions Biotope.
http://www.biotope.fr/editiondiffusion/fichelivre/papillons-maroc/index.php
Un
désert plein de vie.
Carnets de
voyages naturalistes au Maroc saharien, par Michel Aymerich
et Michel Tarrier, préfacé par Serge Orru
(WWF-France), 264 pages, 344 photos, aux éditions La Croisée
des chemins.
http://sahara-vivant.com/Extraits-Livre-desert.pdf |